« Tangerine Reef » : Animal Collective en eaux troubles

par | Août 17, 2018 | News

Un douzième album sous-marin. Avec Tangerine Reef, Animal Collective a décidé d’aller faire un tour dans les profondeurs de l’océan. 2018 est l’année internationale des récifs coralliens : sensible à la cause, le groupe de Baltimore a eu l’envie d’enregistrer un album visuel aquatique de 53 minutes. Ce n’est pas la première fois qu’Animal Collective sort un album visuel : en 2010, il partageait l’extravagant ODDSAC. C’est justement à une projection du film qu’il rencontre Coral Morphologic, duo artistique de Miami composé d’un biologiste et d’un musicien. Huit ans plus tard, les deux groupes – sans le membre Panda Bear d’Animal Collective – se retrouvent pour ce projet.

Présenté en exclusivité au Festival Of Disruption de David Lynch l’année dernière, ce nouvel album spécial est marqué par l’abandon de la pop perchée propre au groupe, celle qui l’a révélé au grand public en 2009 avec « My Girls ». À la place, le trio propose un ambient expérimental délicat, parfois sombre, parfois rassurant, mené par des sons aquatiques, des chants lancinants d’Avey Tare et un son reverb. Le travail d’immersion est brillant : en fermant les yeux, les récifs des bas fonds marins apparaissent.

Si Tangerine Reef est découpé en 13 morceaux, il constitue en fait un seul bloc de 53 minutes. D’un titre à l’autre, la musique ne s’arrête jamais et reprend là où elle en était. La coupure abrupte à la fin du premier extrait dévoilé en juillet prend ainsi tout son sens. Ces 53 minutes de sons permanents sont accompagnées par des plans de coraux fluorescents, garantis sans effets spéciaux. Au visionnage du film, on comprend vite pourquoi le projet a failli s’appeler Coral Porn. Le travail est impressionnant : les images sont d’une qualité extraordinaire et suivent à la perfection le rythme des morceaux, ralentissant, accélérant ou disparaissant selon la musique.

Sur le papier, tout ça donne envie. Cependant, la réalité est toute autre. Au bout d’une dizaine de minutes, l’ennui s’amarre. Pour la plupart, les morceaux peinent à décoller et se ressemblent, jusqu’à boire la tasse. Un EP aurait sûrement été plus fructueux pour combiner les meilleures idées… Dommage avec un concept et des visuels pareils.

Les articles similaires

mac demarco
Nov 08 2023

Sans crier gare, Mac DeMarco sort un album inédit composé en 2015

Surprendre, c'est sans doute ce qu'il sait faire de mieux après la musique. C'est donc une fois de plus, sans crier gare, que le Canadien Mac DeMarco sort de ses vieux...
JR
Nov 08 2023

JR et Thomas Bangalter s’allient pour un show de danse devant l’Opéra de Paris

Depuis quelques années, JR semble avoir fait de Paris son atelier personnel. Avec Damien Jalet, chorégraphe franco-belge et Thomas Bangalter -qu'on ne présente plus...
jean michel jarre
Nov 08 2023

« EPICA MAXIMA » : que vaut la collab’ de Jean-Michel Jarre et Armin van Buuren ?

Du nouveau du côté d'un des pionniers des musiques électroniques françaises : Jean-Michel Jarre collabore une fois de plus avec Armin van Buuren pour le titre "EPICA...
capsule super bock
Nov 07 2023

Hélas. lance sa capsule textile, une soirée de lives et DJ-sets prévue

Attention aux fashionistas qui nous lisent, Hélas. est de retour cet automne et présente sa collection capsule racing-inspired par la bière portugaise Super Bock et...