Positive Education 2017: instruisez-vous qu’ils disaient

par | Nov 16, 2017 | Magazine

« Qu’est ce que tu vas faire à St Etienne ? » Bonne question. Il fallait vraiment un prétexte valable pour s’arrêter dans la commune stéphanoise, et ce n’était pas le football, croyez-le. Mais le weekend dernier se tenait bel et bien un petit festival à la programmation tout simplement irrésistible. Après une édition #0 « vraiment vénère » en 2015, les programmateurs Charles et Antoine ainsi que toute une équipe de machines de guerre, bénévoles inclus, montaient cette année encore un Positive Education digne de ce nom. Oui, ça valait le détour.

On a fait le trajet de Paris, à peine trois petites heures de train, un wagon-bar rempli à craquer de festivaliers qui sont déjà au vin blanc à 14 heures. On nous affirmera après coup que le tiers des participants provient de la capitale, on ne sera pas si dépaysés que ça. Les conditions techniques paraissent optimum : le pass 3jours est à 50euros seulement, tout le monde a trouvé un Airbnb pas trop cher pour le weekend, et la superficie de la ville permet que les différents groupes d’amis soient non seulement proches du Quartier Manufacture où a lieu l’événement que les uns des autres. Bienvenue dans la colonie de vacances du Positive !

On a tenu Ă  venir dès le premier jour du festival, jeudi, pour assister – entre autres – Ă  un des rares concerts de Trisomie 21 depuis un moment. Le groupe vĂ©tĂ©ran français vient de sortir un nouvel album en novembre de cette annĂ©e et compte bien en profiter pour tourner davantage. Le chanteur Philippe Lomprez arrive sur la grande scène (Bat.242) les mains dans les poches, veste sur le dos, dĂ©sinvolture palpable, ce qui n’empĂŞche pas lui, son frère HervĂ© et un troisième musicien de prolonger leur live un peu mou de près de 45 minutes, finir enfin par « The Last Song » et dĂ©caler tout le line-up (Oko DJ, Mick Wills…). On s’est clairement plus Ă©clatĂ©s avec le She Past Away, le duo turc gothic-rock-dark-wave aux airs de The Cure et tout son public ultra-lookĂ© (crayon noir et New Rock aux pieds). Après un coup de vin chaud et un morceau de set ambient avec le boss de Public System Recordings aka Myn, on est restĂ©s camper dans l’autre salle (La Galerie), et devant le set d’Elena Colombi (rĂ©sidente NTS) et aussi devant les lives d’Epsilove (tĂŞte chantante Ă©chappĂ©e de Syracuse), sur qui on mise beaucoup pour la suite, et du duo lyonnais The Pilotwings. On part se coucher en prĂ©vision de la dĂ©ferlante musicale qui va nous tomber dessus les jours suivants.

She Past Away – CrĂ©dit : Victor Maitre

Vendredi on doit partager notre temps et notre enveloppe corporelle entre plusieurs groupes… Ce qui n’est pas chose aisĂ©e, mais une volontĂ© de fer nous anime. Charles et Antoine aka Les Fils de Jacob, les orgas, sont aux anges : ils seront sold-out ce soir et demain. 1500 personnes par soir. Ils ne savent pas exactement comment la sauce a pris d’annĂ©e en annĂ©e, mais c’est un mĂ©lange de bonne vibe, de copains, de DJs hyper-motivĂ©s, de musiciens live de qualitĂ©. « Ça s’est fait très naturellement ». Cette annĂ©e, c’est aussi la première fois qu’ils reçoivent des petites subventions de St Etienne. La ville, qui voudrait une nouvelle dynamique Ă©conomique plus propre, ne les dĂ©teste pas, mais « les teste encore ». La stratĂ©gie de dĂ©senclavement marche pourtant plutĂ´t bien, et le Positive Education avait Ă©tĂ© classĂ© cette annĂ©e par Resident Advisor dans le top 10 des festivals europĂ©ens. Casting de rĂŞve ce vendredi soir avec une sĂ©rie de lives qui n’avait en effet rien Ă  envier aux plus grands : Rrose en forme olympique, Maoupa Mazzocchetti qu’on espère revoir bientĂ´t ; mais aussi Varg et Broken English Club qu’on a un peu survolĂ©s puisqu’on prĂ©fère in fine les Ă©couter tranquillement chez nous. Mais Ă©galement une sĂ©rie de sets haute voltige : le Hollandais d’Identified Patient signĂ© sur Pinkman qui nous a fait beaucoup de bien, Parrish Smith, Low Jack, Regis et sa techno carrĂ©e et efficace. Mention spĂ©ciale pour la salle centrale « Bat 249 » qui venait d’ouvrir ce soir-mĂŞme et oĂą Zaltan, Credit 00, Tapan, Kris Baha etc. se partageaient les commandes du dancefloor, menant sans relâche toute une troupe de joyeux allumĂ©s.

Il est 5 heures tapantes, une navette vient nous chercher pour nous amener à l’after, « Le clapier », lieu un peu angoissant dont on s’échappera vite pour rejoindre en (formidable) équipe notre (formidable) appart’ architecte avec jardin.

Crédit : Victor Maitre

Quelques heures plus tard, après une virĂ©e avortĂ©e au MusĂ©e d’Art Moderne après laquelle on se rabattra finalement sur le Lidl du coin pour renouveler les stocks de canettes, on s’inquiĂ©tait un peu du line-up du samedi soir. Aura-t-on assez de forces pour encaisser le choc musical ? Bizarrement oui. MĂŞme si les gens dĂ©goulinent un peu, comme la mĂ©tĂ©o. On retiendra la claque de Voiron dĂ©chaĂ®nĂ© en live, le duo Deuil1500 (cerveaux de Metaphore Collectif) en live, les sets de DJ AZF experte en fusion atomique techno, Ed Isar et sa selecta lĂ©chĂ©e ou encore toute la clique Iueke/ Phuong Dan/ Sacha Mambo/ Tolouse Low Trax (prestation ultra savoureuse), Vladimir Ivkovic (de DĂĽsseldorf). Si on a eu de très bons Ă©chos des performances d’Ancient Methods et de Vatican Shadow dans la salle Bat.242, on adhère aux enceintes devant Manu Le Malin tel un chewing-gum sous une bask’ après un weekend de teuf. Charles nous avait affirmĂ© un peu plus tĂ´t : « c’est lui qui a voulu venir jouer, il est venu les trois jours ». Plus qu’une valeur sĂ»re, le Français est un vĂ©ritable gĂ©nie des platines, habile d’un style hardcore au sens large qu’on redĂ©couvre sans cesse. Pour un closing on ne pouvait pas rĂŞver mieux.

On passe en vitesse Ă  l’after pour Ă©couter December qu’on a pour coutume d’aimer en toutes circonstances, mais on a dĂ©jĂ  tout donnĂ© et on ira s’échouer bien vite dans le train direction Gare de Lyon. Fin de la session d’apprentissage 2017, de cette « parenthèse agrĂ©able », merci l’équipe, un bon point pour tout le monde, on rĂ©serve dĂ©jĂ  notre place pour l’annĂ©e prochaine !

Meilleur moment : Quand tes voisins de danse ont été successivement She Past Away ou Manu Le Malin. Sur scène ou sur la piste : même vibrations positives.
Pire moment : Ce moment étrange où tu réalises que la salle de l’after ressemble à un Buffalo Grill et ses videurs à des agents du GIGN.

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