Osez comme Steve Lacy : on écoute Apollo XXI, son premier album solo.

par | Mai 28, 2019 | News

Les enfants prodiges sont aussi fascinants qu’agaçants : la facilité déconcertante avec laquelle ils créent, pleine de candeur et de génie, suffit à rendre admiratif ou jaloux. Steve Lacy, vingt-et-une bougies à peine soufflées, en est un parfait spécimen. Nominé aux Grammys avec son groupe The Internet en 2016, producteur sur Damn de Kendrick Lamar l’année suivante, il livre en parallèle sa première démo prometteuse, à base de guitares ensoleillées et de mélodies enregistrées à l’IPhone. Ajoutez à cela des collaborations avec Kali Uchis, Vampire Weekend, Solange ou encore une apparition sur le Flower Boy de Tyler, the Creator. Voilà où en est le garçon à la sortie de son premier album, Apollo XXI, disponible depuis vendredi.

Si le jeune producteur fait déjà partie des grands, c’est parce qu’il ose. Il ose d’abord dire « non » aux maisons de disque, restant en totale indépendance. Il ose marier les codes : une funk home-made à la Louis Cole dans « Guide », des slows pour guitares plaintives avec « Lay Me Down » et « Love 2 Fast », une trap se mouvant en gospel moderne pour l’outro. Il ose les recherches sonores et les expérimentations, à travers des morceaux composites et extensibles (on pensera aux 9 minutes de « Like Me »), des batteries lo-fi (« N Side« ou plus nerveuses (le kick martelant de « Hate CD« ). Il ose la joie, voire une folie maîtrisée dans le détonnant Playground et ses effets de delay hypnotiques, qui glissent sur un beat débordant de soleil. Il ose parler, prendre position, notamment à propos de son identité sexuelle, sans que cela ne prenne le pas sur la musicalité de ses productions et ses qualités vocales.

Apollo XXI est définitivement un disque osé : il respire l’audace, la jeunesse, l’intuition et le talent. En douze titres, le natif de Compton conjugue les influences et les références pour devenir lui-même un modèle d’inspiration. On dirait même presque que c’est l’objectif de l’album ; une façon belle et subtile de dire aux gamins voulant faire comme lui : « Faites des beats sur votre Iphone ou sur n’importe quel logiciel de son pourri. On s’en moque du matos. Sentez le truc et ce sera génial. » 

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