🔊 Mac Declos x Nuits sonores x TGV INOUI : créer un track sur un Paris-Lyon

par | Avr 20, 2023 | Carrousel, Magazine

Les voilà sur de bons rails. Afin d’encourager public et artistes à privilégier les voyages en train, notamment pour se rendre en festival, Nuits sonores et TGV INOUI lancent un défi à un artiste : celui de composer un titre dans le train, le temps d’un trajet reliant Paris à Lyon. Ils ont eu la bonne idée de proposer l’expérience à Mac Declos, qui ne s’est pas fait prier. Tsugi l’a suivi dans ce challenge. 

Mac Declos

© Marion Sammarcelli

Lundi, début d’après-midi à Gare de Lyon. Sous les cliquetis des roulettes de valises, au pays des hommes pressés, une grande silhouette élancée s’approche. Voilà Mac Declos, l’une des dernières recrues de Mama Told Ya, le label d’Anetha. Au fil de ses gigs remarqués et de ses productions, il s’est rapidement fait un nom, notamment grâce au très bon album Hard Work Always Pays Off sorti fin 2022. Jusqu’à devenir le vibrant témoin d’une nouvelle génération de producteurs, poussée par une énergie débordante, une assurance déroutante et un engagement assumé. 

Sa musique est tantôt club/dancefloor, tantôt techno plus dure avec des touches house, ghetto, hard groove -et parfois même trance. Le jeune DJ et producteur étonne par son groove et par sa passion dévorante pour l’expérimentation musicale. On bidouille, on triture, bref on s’amuse. Alors Mac Declos ne recule pas devant les défis. Au contraire. Quand on lui propose de se produire en all night long, comme au RSO de Berlin pour un set de sept heures, il s’arme de fruits et de vitamines –il consomme peu d’alcool et un minimum de sucres transformés- puis s’exécute, infatigable, pour faire danser les gens.

Pour toutes ces raisons, on comprend que TGV INOUI et Nuits sonores l’aient contacté pour réaliser le savoureux défi du jour : composer un track complet, le temps d’un trajet Paris-Lyon en TGV. On entre dans le train et Mac Declos s’installe. Un contrôleur Akai MIDImix, un launchpad et son ordinateur, avec Ableton lancé. À la lumière d’une lampe bleue, là où on lit (parfois) ou qu’on regarde une série (le plus souvent), Mac Declos lui, va composer son prochain track.

 

Force Tranquille
Malgré l’agitation et le timing serré demandé par Nuits sonores et TGV INOUI –environ deux heures entre Paris et Lyon-, il semble paisible: « je m’impose parfois de composer pendant le voyage, alors je ne suis pas trop stressé. À un moment, j’étais souvent -voire toujours- meilleur dans le train qu’en studio. » Le train démarre. « De toute façon, une heure me suffit » plaisante-t-il avant d’attaquer.
Mac Declos

© Marion Sammarcelli

Par où et par quoi commencer ? De quoi on s’inspire ? « Quand je suis arrivé dans le train, je me suis mis à côté de la fenêtre… je voulais partir sur un truc un peu contemplatif, épuré, plus calme que d’habitude : pas forcément techno ». Alors sur le quai puis dans le train, il a enregistré toutes sortes de sons pour les incorporer plus tard à sa musique. Ou du moins pour lancer des pistes. « Petite base de soundscape, maintenant je fais un clavier. On est dans le train et il fait beau… Je vois bien un arpège, en mineur pour le côté contemplatif. » Il continue à chercher, jusqu’à un « ah c’est pas mal ça! ». Evidemment, il compose au casque. Le mystère reste donc entier pour les spectateurs. Mac Declos a sa basse et son synthé, mais ne trouve pas de partie voix qui le satisfasse. Il hésite même à utiliser celle de Natacha, notre ‘barista’ du jour sur ce Paris-Lyon, qui sort des hauts-parleurs.
La spontanéité comme maître-mot

© Marion Sammarcelli

Finalement, il se servira d’une note vocale envoyée par une amie le matin-même : une voix qui parle en anglais avec un accent germanique. Parfait. Les rayons de soleil s’immiscent dans la voiture. « Est-ce que je mets les ‘Sunglasses At Night ? » demande-t-il dans un rire, certainement une référence au titre de Corey Hart et même au « TGV remix » par Tiga… Mac Declos connait ses classiques et sait les manier. En tout cas, on a toujours les deux pieds dans le thème. Le temps file à mesure que le TGV avale les kilomètres. Et Mac Declos reste flegmatique. Il enregistre, coupe des séquences, les allonge ou les supprime sans l’ombre d’une hésitation. Tout a l’air instinctif et bien rodé. « La spontanéité prime sur la longévité » assène-t-il. « Quand l’idée me vient, je le fais direct et je colle à la suite. Pas le temps de me demander si c’est bien. » D’un œil extérieur, c’est même bluffant. C’est ce qu’on appelle le workflow (ou ‘flux de travail’ en français), soit l’organisation d’une méthode de travail qui reviendra à chaque fois, ce qui lui fera gagner du temps et des réflexes. Mac Declos simplifie : « c’est comme la recette d’un gâteau. Un quatre-quarts c’est beurre, farine, sucre et œufs ; chez moi un morceau c’est drums, basse, une mélodie, une gamme, une voix ». La musique qu’il compose prend forme, on n’entend toujours pas le résultat mais le producteur, casque vissé sur les oreilles, hoche de la tête et de la nuque: c’est toujours bon signe. Pour rester dans une métaphore culinaire, la mayonnaise a l’air de prendre. L’artiste ne s’étire pour la première fois qu’au bout d’une heure et demie : « on s’en sort bien les amis ». Voilà c’est fini, Mac Declos va pouvoir peaufiner, ajouter une mélodie supplémentaire, commencer le mixage…

 

 

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Du raver au rail vert

Il s’offre même le temps d’aller faire l’annonce d’arrivée du train, transmise directement par les haut-parleurs. « Chers voyageurs ici Mac Declos, dans quelques instants nous arriverons en gare de… Lyon (…) Avec TGV INOUI vous avez choisi le mode de transport le plus écologique pour le voyage. N’oubliez pas de me retrouver au festival Nuits sonores du 17 au 21 mai. » Contrat rempli, le titre est terminé dans le temps imparti. Il s’intitule ‘PART 6617′, comme le numéro du train dans lequel il fut composé.

 

Mac Declos se dit reconnaissant, il remercie TVG INOUI et Nuits sonores pour l’invitation : outre son rapport à la composition dans le train, c’est l’aspect écologique qui le touche particulièrement. « Pour nous chez Mama Loves Ya, ça compte beaucoup : au niveau de ce qu’on mange, comment on se déplace, du tri, du chauffage, des douches… On y est attentifs et l’agence investit sur de nombreux projets ». Il veut, autant que possible, réduire ses émissions en carbone car en tant qu’artiste de musique électronique, il est amené à se déplacer très souvent. Alors pour voyager, quel meilleur moyen que le train (0,4% du total des émissions de gaz à effet de serre produits par le transport, tout confondu) ? « J’ai déjà fait des Paris-Berlin en train, pendant huit heures, explique Mac Declos. Parce que j’avais la volonté de le faire ». De quoi s’inspirer et susciter des envies ?

Alors vous aussi, pensez à vous déplacer en train avec TGV INOUI pour vous rendre en festival, notamment à Nuits sonores du 17 au 21 mai !

Mac Declos

© Marion Sammarcelli

À lire également sur Tsugi.fr : 🎙️ “Du groove pur et dur” : on a reçu Mac Declos pour une interview à 360º

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