💿 L’album oublié : Mark Broom – Angie Is A Shoplifter

par | Juin 16, 2021 | Chronique

Bizarrement, les plateformes ont perdu la trace du premier album de ce prolifique vétéran de la techno anglaise, Mark Broom.

Chronique issue du Tsugi 141 : 18 ans d’Ed Banger, en kiosque et en ligne.

On trouve facilement quelques-uns des 169 singles qu’il aurait publiés depuis 1992 – à en croire Discogs –, mais nulle trace de cet album magnétique. Angie Is A Shoplifter est sorti en 1996 sur Pure Plastic, le label que Mark Broom a lui-même dirigé jusqu’en 2007 en compagnie de son camarade Dave Hill (avec qui il produisait sous le nom de Rue East). Se promener à travers les quelque 80 références du label revient à feuilleter le gotha des pionniers de l’électronique anglaise: Baby Ford, Stasis, Ed Handley (de Plaid et Black Dog), Ben Sims… Autant de noms peut-être (un peu) oubliés aujourd’hui, mais qui ont tous joué un rôle dans le développement de la techno au Royaume-Uni durant les années 1990. Exactement comme Mark Broom. Comme beaucoup de ses compatriotes, c’est durant des vacances en Espagne à la fin des années 1980 que Mark Broom a découvert les nouveaux sons acid house. Pas à Ibiza, comme Paul Oakenfold, Pete Tong ou Danny Rampling, mais (selon la légende) sur l’île de Tenerife, dans les Canaries.

« À mi-chemin entre IDM et techno de Detroit, sombre et inquiétant, “Funked Up” qui ouvre le disque est un classique indémodable. »

Est-ce à cause de ce changement de latitude que sa musique est plus marquée par la techno de Detroit que par la house de Chicago? Angie Is A Shoplifter est en tout cas une belle démonstration du genre, avec ses nappes de synthétiseurs planantes et sa frénésie futuriste. « The Salsa », le titre le plus calibré pour les dancefloors, ressemble à une variation de « The Bells » de Jeff Mills. Et l’ombre de Derrick May ne cesse de planer sur le disque. Mais c’est aussi pour ses titres plus adaptés à l’écoute domestique que l’on peut redécouvrir aujourd’hui cet envoûtant album aux sons sombres et sans concessions. À mi-chemin entre IDM et techno de Detroit, sombre et inquiétant, « Funked Up » qui ouvre le disque est un classique indémodable. Et pour info, le titre de l’album, Angie Is A Shoplifter, provient d’un graffiti découvert à côté de son studio. Mark Broom a toujours prétendu qu’il ne savait pas qui était l’Angie publiquement accusée de vol à l’étalage. Nous non plus.

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