Il Ć©tait une fois, Ć lāaube des annĆ©es 2000, une bande de fĆŖtards un peu rebelles. FatiguĆ©s des stigmatisations subites par les musiques Ć©lectroniques, ils dĆ©cident dāagir. Sous la protection de deux chapiteaux, sur les berges du lac de SesquiĆØre, Ć Toulouse, ils fondent lāElectro Alternativ, un festival comme un cheval de bataille. 15 ans plus tard ā soit environ cinq mille nuits ā le festival a mĆ»ri, Ć©voluĆ©, et surtout, sāest confortablement installĆ© dans le paysage culturel et institutionnel de la ville. De quoi donner lāenvie de se poser une question simple : le combat a-t-il encore du sens ? Pour les organisateurs du festival, le dĆ©bat reste ouvert, et permet de relever de nouveaux dĆ©fis. Repousser les genres, abattre les frontiĆØres et taper du pied en font partie. Tout au long du mois de septembre, l’Electro Alternativ a donc envoĆ»tĆ© les nuits toulousaines en dĆ©nichant lieux atypiques et DJs de tous les horizons. Vaste programme.Ā
Toulouse : mythes et lĆ©gendes Ā
Lāaventure dĆ©bute un samedi soir dans un lieu culte de la ville rose. Le Bikini est mobilisĆ© pour animer la derniĆØre nuit club de lāĆ©dition. Et cāest un panel 100% franƧais qui est chargĆ© dāĆ©lectriser la salle. Rencontre dans le noir avec la jeune Ćlise, qui a fait son Ć©ducation musicale entre Paris et la scĆØne underground chinoise. Beau pari. La DJ dĆ©bute avec de puissantes lignes de basse qui motivent les foules, avant de passer par des passages plus vaporeux. Cāest sur une house enjouĆ©e quāelle choisit de terminer son set, que reprend Bambounou, acclamĆ© par son public. Cigarette coincĆ©e entre les lĆØvres, groove endiablĆ© : le roi du cool continue de dĆ©clencher les passions, jusquāĆ lāarrivĆ©e de Luxor, le duo formĆ© par Antigone et SchlĆømo. La paire anime les derniers survivants en flirtant avec la trance.Ā

Luxor @ Le Bikini
Le festival choisit de chouchouter ses clubbers invĆ©tĆ©rĆ©s. Ć peine quelques heures de repos, avant de se donner rendez-vous dans un nouveau lieu. Cette fois-ci, il faut dĆ©ambuler dans les petites rues piĆ©tonnes de la ville. Le soleil sāest levĆ© sur lāĆglise du GĆ©su, lieu de culte un peu cachĆ© dans les dĆ©dales de pavĆ©s. Un seul pas sous son toit, et la magie opĆØre. Une composition dāambient jouĆ©e Ć lāorgue plonge tous les visiteurs dans un Ć©tat second, peu importe leur Ć¢ge, genre ou Ć©tat de fatigue. Les fĆŖtards se sont emparĆ©s des tapis et des coussins qui bercent la suite de leur nuit ; des reines de la mĆ©ditation semblent plongĆ©es dans une grande introspection. MĆŖme les enfants se taisent sous la nef. Amen.Ā
Lorsque la musique sāarrĆŖte (et que les yeux sāouvrent), le compositeur Maxime Denuc et Cindy Castillo Ć lāorgue sont accueillis par une salve dāapplaudissements. On ne sait plus trop si on se trouve dans 2001, lāOdyssĆ©e de lāespace ou bien Ć la messe, mais on ressort de notre torpeur avec un sourire aux lĆØvres sous un ciel pluvieux.Ā
ShƩhƩrazade, princesse nocturne
Mais cette douce parenthĆØse nāest que de courte durĆ©e. Elle annonce, Ć la maniĆØre dāune prophĆ©tie, lāultime nuit de ce marathon infini. Direction la Halle de la Machine, un Ć©niĆØme lieu emblĆ©matique de Toulouse, oĆ¹ un minotaure accueille les visiteurs et des araignĆ©es gĆ©antes grimpent sur la scĆØne. AprĆØs une ouverture en crescendo orchestrĆ©e par Ioritz, le public semble prĆŖt Ć mourir dāimpatience pour son messie. Lunettes noires, moustache et keffieh : Omar Souleyman et sa bonne vieille recette de synthĆ©s criards et vas-y-que-je-tape-dans-mes-mains-le-micro-sous-le-bras apparaĆ®t enfin sur scĆØne, et dĆ©clenche lāhystĆ©rie gĆ©nĆ©rale. Preuve en est des nombreux selfies pris devant le showman syrien. Hallucinant. Mais cāest plutĆ“t lāĆ©lĆ©gance de ŚÆŁŁŲŖŲ±GlitterŁ„Ł„ en seconde partie de soirĆ©e qui illumine cette derniĆØre nuit. De Red Axes Ć Underspreche, la DJ marocaine construit son set sur un ton clair-obscur qui envoĆ»te son public. Un diamant dans le noir.

Omar Souleyman @ La Halle de la Machine
+ : ŚÆŁŁŲŖŲ±GlitterŁ„Ł„ remixe Ā«Ā Kookoo PapaĀ Ā» de Red Axes, il y a de la place pour danser : menu royal.Ā
– : Ć quand un code du clubber qui interdit dāenlever son tee-shirt et de crier 15 fois Ā«Ā Omar je tāaimeĀ Ā» ?