Définitivement, les 3 Éléphants savent bichonner leurs festivaliers

par | Juin 4, 2019 | Magazine

Il faut avoir sacrément confiance en lui pour laisser un festival vous embarquer en bus un samedi après-midi, vers une destination inconnue, et sans vous dire quel concert vous y attend. Mais même pas peur, et ça valait le coup : il s’agissait d’un des deux « Cache Cache » des 3 Éléphants, deux concerts mystères dans des lieux atypiques. Le nôtre ? Silly Boy Blue et sa pop mélancolique aux airs new wave, sur une petite scène posée sur l’herbe, dans le cloître d’une magnifique abbaye cistercienne du 12ème siècle (l’abbaye de Clairmont). Un concert à partager avec les oiseaux, en lézardant au soleil, après une petite visite guidée et avant une dégustation de kéfir de fruit. Un nouveau morceau génial (« Lanterns », déjà testé et approuvé aux Inouis du Printemps de Bourges que Silly Boy Blue a d’ailleurs remportés), des chansons d’amour contrarié et autres plaintes nostalgiques chantées d’une voix d’ange, pour quelques heures hors du temps : on a bien eu raison de suivre les 3 Éléphants. Parce qu’on peut compter sur le festival pour toujours oser surprendre ceux qui s’y aventurent. Spectacles d’arts de rue pendant tout le week-end, rencontres pro (dont une intéressante discussion autour de la (non)place des femmes dans l’industrie musicale), concerts mystères, atelier de sérigraphie, live d’Ambeyance à la piscine, balade en péniche sur la Mayenne avec Juicy, DJ-sets un peu partout dans la ville… Et puis bien sûr deux soirs sur le site principal du festival, où les 3 Éléphants n’ont pas peur non plus de faire vivre l’expérience psychédélique des Psychotic Monks à un public chauffé à blanc deux heures plus tôt par Columbine. Quelques chocs thermiques et une foule qui s’est clairsemée, certes, mais un concert tout de même magistral – et assurément de nouveaux convaincus par ce quatuor fascinant (on vous en parlait plus longuement dans notre Tsugi 121). Silly Boy Blue et The Psychotic Monks : les deux coups de coeur du week-end.

The Psychotic Monks. Crédit : Aurèle Bossan

Mais évidemment, il n’y avait pas que ça à découvrir en Mayenne. Une prog’ rap fournie et actuelle (Columbine, Koba LaD, Maxenss, Josman, Caballero & JeanJass…), la voix et le charisme de Jeanne Added, le live de techno intense d’Oktober Lieber (folie du côté du compteur de bpm, et un plaisir certain à entendre du chant au milieu des machines), la très belle scénographie de Thylacine, le nouveau live tout aussi porté sur les visuels d’Etienne de Crécy, le DJ-set décomplexé, voire carrément kitsch mais super efficace, du crew montréalais Moonshine, le rock de Lysistrata qui a failli faire exploser la petite scène, le duo rennais Atoem à assurément suivre de près pour les amateurs de techno et d’analogique, le DJ-set parfaitement dansant de Ghost Dance pour conclure… Une affiche pareille, forcément, ça inspire confiance – et on était 36000, dans une ambiance merveilleusement bon enfant, à le penser.

Le + : Columbine qui ramène une moto sur scène. Pas hyper green, mais ça fait son petit effet.
Le – : Le combo fête des mères-élections européennes du dimanche : on peut aller se coucher plutôt ?

Lysistrata. Crédit : Alexis Janicot

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