Vous vous rappelez ? Le donk, c’est ce sous-genre de hard house qui a fait fureur en Angleterre dans les années 2000 et qui a eu la longévité d’un papillon. Sauf qu’un papillon, c’est beau et on est triste au moment de lui dire adieu. Pour le donk, laissez-nous en douter. Tsugi vous a concocté une sélection de 10 hymnes de ce style, pour mieux comprendre nos doutes à son sujet.
Pour en savoir plus sur la naissance du donk, il faut remonter le temps. C’est à la fin des années 90, alors que l’an 2000 et sa fin du monde se rapprochent dangereusement de nous que le genre apparaît. Son arrivée coïncide avec d’autres bouleversements musicaux : le happy hardcore devient ringard, la hard house est née seulement quelques années auparavant. Vous associez les deux et combinez le tout avec -au début de son existence- un rap approximatif, chanté par des p’tits jeunes au fort accent british… Voilà la recette du donk. Avec l’Angleterre en terre d’accueil idéale.
Dans les années 2000, le genre connaît une montée en puissance rapide, pour finalement tomber dans un oubli collectif : c’est donc ça qu’on appelle « mémoire sélective » ? Mais il est fort possible que sans le savoir, vous ayez déjà entendu du donk, ou ses autres désignations anglaises : « Bounce » et « Scouse house ». Que ce soit grâce à cette vidéo (rendez-vous directement à 53:50) ou si vous êtes tombé sur « Put A Donk On It » de Blackout Crew, le plus grand groupe de donk que la Terre ait connu.
Si l’Angleterre est le principal pays concerné, le genre s’est également exporté ailleurs sous différentes appellations. Alors que la version espagnole du donk se nomme « bumping » ou « poky », en Russie, c’est la « hardbass ». Mais il est également arrivé jusqu’au Japon, rendez-vous immanquable de sonorités aigues et de lourdes basses saccadées. D’ailleurs, le nom « donk » provient des caractéristiques sonores du genre où on peut entendre ‘donkdondonk’ tout du long : à 150 bpm, les rythmes à rebond rapides se mêlent aux lignes de basses inversées.
À l’époque, les Anglais qui suivaient les dernières tendances musicales se retrouvaient dans un des quelques temples du donk : le Wigan Pier Nightclub. Wigan, ville située dans le Grand Manchester, proche de Liverpool ne possède à son palmarès actuel qu’un club de football en D2, mais doit sa renommée à ses anciennes mines de charbon et au roman de George Orwell, Le Quai de Wigan. Et derrière les platines de la célèbre boîte de nuit, on retrouvait une flopée de DJs à la mode. Pour parler représentant du genre : Andy Whitby était sans doute le plus prolifique des DJs bounce des années 2000 outre-Manche.

Le Wigan Pier Nightclub en 2012 © Rept0n1x
Déjà à l’époque, le genre musical est vivement critiqué par ses sonorités tapageuses et décousues, et par ses ambassadeurs : des bandes de jeunes, dernières tendances vestimentaires sur le dos parlant avec un fort accent populaire -le scouse- qui n’ont pas toujours fière allure en boîte. Alcool bas de gamme dans les veines et drogues en option.
Aujourd’hui, certains fanatiques de la première heure continuent d’éplucher Youtube à la recherche des vestiges sonores de cette époque -désormais révolue. Mais pour la plupart, le donk est bel est bien tombé au fond du puits, sans échelle pour en ressortir. Et ce n’est sûrement pas nous qui allons lui en apporter une. Toutefois, chaque oreille est différente. Alors on vous a dressé une liste non-exhaustive de dix morceaux de donk, en passant de l’incontournable Blackout Crew, jusqu’aux tubes russes. Et si vous voulez en savoir davantage sur ce style, on vous invite à regarder ce documentaire, à lire ce reportage ou à utiliser ce tutoriel. Au moins vous serez prêt si le donk revient à la mode…