Ils ne mentaient pas ! Le Biches Festival, ça se passe bien au beau milieu d’un champ en Normandie, au coeur d’une forĂŞt… Et si, pour l’occasion, les festivaliers rĂ©duits Ă l’Ă©tat sauvage se faisaient appeler les « biches’, on y a mĂŞme aperçu de (vraies) biches dans les champs aux alentours du festival ! C’est donc dans un cadre champĂŞtre et bucolique, Ă©loignĂ© de tout, qu’ont dĂ©filĂ© pendant trois jours des musiciens – que dis-je, de majestueux cerfs ! – en provenance de nos chères contrĂ©es franco-françaises. Et ce, sur deux scènes : une abritĂ©e dans une grange bien rustique, et une autre Ă l’extĂ©rieur, plus grande, devant laquelle s’Ă©tend une belle pelouse verdoyante, idĂ©ale pour danser ou faire la sieste toute l’aprem’. Alors forcĂ©ment, perdu comme ça au milieu des sublimes collines normandes et de son lĂ©gendaire mistral, on se sent un peu petit ! Ne reste plus qu’à se lancer Ă©perdument dans la musique, en quĂŞte de chaleur humaine.
La pop bien chaleureuse d’Adrien Legrand le premier jour n’est donc pas de refus. Autour de ses textes en français, qui parlent de sa contrĂ©e natale, le musicien nous accueille Ă bras ouvert chez lui : en Normandie. Alors on en profite, on visite un peu. A cĂ´tĂ© du merch’ : une friperie, un stand de gin rĂ©gional, un autre de yaourt bio… Au Biches, l’ambiance est artisanale. Dans la grange, lunettes noires, grand manteau, bob sur la tĂŞte : le candide Bumby enchaĂ®ne ensuite avec un Ă©lectro psychĂ© et poĂ©tique, d’oĂą se dĂ©gage une fraĂ®cheur toute droit sortie d’Arcadie… Quand vient un groupe que nous attendions : TH Da Freak livre un concert toujours aussi bon, hilarant et frĂ©nĂ©tique ; avec quand mĂŞme un petit quelque chose supplĂ©mentaire, Ă les voir se dĂ©hancher dans une grange ! Toutes les biches viennent ensuite se lover au milieu de la nuit devant le concert du grand Voyou, avant de se dĂ©sordonner Ă l’écoute de la techno industrielle d’Oktober Lieber. Et il est ensuite l’heure pour certaines d’entre elles de rejoindre le camping oĂą les attend leurs tipis… Oui, oui. Ce sont des biches VIP !

bumby. (Crédit : Titouan Massé)
Le lendemain, comme toute matinĂ©e qui se respecte, Ă 17h, nous sommes en compagnie de Pi Ja Ma et de sa pop bien chouette qui parle de fin du monde. Mais le clou du spectacle Ă nos yeux sera dĂ©finitivement le concert de LĂ©onie Pernet sur la grande scène. Peut-ĂŞtre est-ce Ă cause de l’aspect vraiment baroque qui Ă©mane de ses claviers, ou peut-ĂŞtre Ă cause de la lĂ©gère bruine qui a commencĂ© Ă tomber du ciel, mais LĂ©onie Pernet nous propulse dans une atmosphère paradoxale, qui s’élève au-dessus de toutes frontières stylistiques, entre electro, post-punk, hip-hop, et nous oserions mĂŞme dire black metal (sans l’ĂŞtre), le duo dĂ©livre une pop sombre, urbaine et spirituelle Ă la fois, qui est tout simplement magnifique. Heureusement que Fakear arrive ensuite pour nous dĂ©tendre. Sa techno orientale fera se cabrer toutes les biches jusqu’Ă l’aube.

Léonie Pernet. (Crédit : Titouan Massé)
« Putain, ça sent bon le cochon grillĂ©Â ! » dira le lendemain un guitariste du Bryan’s Magic Tears. Après avoir bullĂ© toute l’aprem sur la pelouse en compagnie du Spa Massage Girl Club et de Pion, on se relève pour les Bryan’s qui raniment la Station Gare des Mines au coeur de la forĂŞt normande. Et en effet, l’odeur ne dĂ©ment pas : un cochon de boucher a cuit Ă la broche toute la journĂ©e d’hier, et est maintenant fin prĂŞt ! Parfait ! Car c’est Bon Entendeur qui joue ensuite. Le duo se lance dans un long DJ-set funk vintage, pour un finish avec leur morceau “Le Temps est Bon”. Pendant que tout le monde danse sous le soleil dĂ©finitivement installĂ©, on en profite alors pour aller faire une partie de « Biches Volley » sur le terrain prĂ©vu par le festival ! Ambiance pool-party garantie : il ne manquerait plus que les saucisses frites. Et oui, c’est ça, la Normandie : un petit cĂ´tĂ© sauvage qui met du baume au coeur, mais qui fait toujours place Ă de grands instants de bonheur.
Meilleur moment : Ecouter Léonie Pernet sous une légère bruine et un ciel grisonnant. Humidité oculaire garantie.
Pire moment : Les larsens pendant Oktober Lieber ? Enfin bon. Elles étaient géniales quand même.

Bon Entendeur. (Crédit : Pierre Picouleau)