Comme tous les vendredis, c’est jour de sorties. Alors vous connaissez la chanson : on se retrouve pour notre sélection des projets de la semaine, ces albums ou EPs qui vont vous suivre ce week-end -et plus si affinités. Au programme, du beau monde avec le lancement du label d’UFO95, l’EP éclectique de François X, les expérimentations post-punk d’Arnaud Rebotini, la symphonie de Rone, l’intimité de Zéphir, le premier EP deep et trancy d’Emma B puis l’épopée électroclash de Paradox Obscur. Bonnes écoutes !
UFO95 – ARC01
UFO95, recrue du label Mama Told Ya, se lance dans sa propre aventure : ARCHIVE Records. Cette création permettra au prolifique producteur de sortir les productions qu’il accumule, quand il le souhaite, sans restrictions. Et il débute fort avec un premier EP, ARC01. En s’inspirant d’une techno old-school, modulaire, et de la scène IDM, UFO95 crée de nouvelles sonorités jamais explorées auparavant. Ses expérimentations nous offrent à écouter une techno d’avant-garde hypnotique, électrisante et singulière. ARCHIVE Records et son travail sont donc à surveiller de -très- près.
François X – CEO
Captivante. C’est ainsi qu’on peut décrire la techno du producteur français François X. De retour avec un nouvel EP, CEO, sur son propre label XX LAB, il repousse encore les barrières de la musique électronique. Dans ce projet, vous retrouverez des sonorités pop et rap mêlées aux kicks puissants d’une techno berlinoise qu’il maîtrise depuis ses années Concrete -et même avant. En usant de sa voix comme d’un instrument et en créant des plages sonores planantes, il construit un son unique témoignant de son empreinte sur la scène électronique. Coup de cœur pour le bouncy « Cowboy Executive Officer ».
Marion Sammarcelli
Arnaud Rebotini – Youth! Take a stand
Arnaud Rebotini est de retour avec un nouvel EP de quatre-titres, à peine quinze jours après son album L’Ile Rouge (Original Motion Picture Soundtrack) bande originale du film éponyme. Si vous trouvez ça léger, attendez de voir la durée de chaque morceau. Minimum 5’50, rien que ça ! Sur Youth! Take a stand, il étend son champ de composition vers des sonorités post-punk. Et on sent qu’il est prêt à en découdre. Remarquable rien qu’aux lignes d’indus’ entraînantes et sa voix pleine de rage. Besoin d’extérioriser ? Vous savez désormais quoi écouter.
Rone – L(oo)ping
Rone offre l’occasion de revivre son concerto live enregistré avec l’Orchestre National de Lyon. Au total, 80 musiciens, 122 microphones et Rone se sont réunis pour une relecture de l’un des dix meilleurs orchestres du monde. La musique classique et la musique électronique ne font qu’un pour cet album live emprunt de paradoxe. Entre l’obscur et la lumière, des envolées grandioses et des moments plus intimes, Rone nous immerge dans cette représentation de L(oo)ping à l’Auditorium de Lyon.
Zéphir – Clyde
Zéphir a sorti son premier album, Clyde. Et sans Bonnie (c’était facile, mais on se devait de la faire…) Le rappeur/chanteur belge dévoile une part de son intimité. En allant de l’amour insolent à la solitude, de la déclaration aux adieux, ce premier projet est riche en sonorités, en émotions. Là où le cœur parle et les mots racontent. C’est doux, ça groove, l’idéal pour accompagner une fin de journée ensoleillée.
Vicky Pozzobon
Emma B – Meltinglove
Une bonne DJ fait-elle une bonne productrice ? Éternelle question à laquelle Emma B, qui n’en finit plus de monter, répond par l’affirmative avec son premier EP. Deux titre + deux remixes, qui voient la jeune Française réussir le test avec énergie. Mélodieux et relevé, « Melting Love » est une irrésistible tornade quand « Is It A Dream », à la fois deep et trancy, est un redoutable banger. Aux remixes de « Melting Love », Vitess s’appuie sur les mélodies et Maruwa dévaste tout sur son passage. Excellente pioche.
Chronique issue du Tsugi 161
Paradox Obscur – Auto Reverse
Si on est habitués à ce que Rebeka Warrior nous fasse découvrir des artistes sur son label, exception ce mois-ci avec Kriistal Ann et Toxic Razor. Le duo grec a révélé cinq albums depuis 2014. On était passés à côté, mais on se rattrape avec ce cinq-titres enregistré en live sans aucune manip’. Ces derniers nous font penser aux héros synthétiques des années 1980 et à l’électroclash. On aime bien le charme suranné de « Présage » mi-français, mi-anglais, avec son petit côté « Fade To Grey ». Les connoisseurs apprécieront.
Chronique issue du Tsugi 161