🔊 Il y a de tout dans cet album de KAS:ST, électro-pop comme trance allemande des 90’s

par | Déc 10, 2020 | Chronique

Après plusieurs EPs et des morceaux à succès tels que “Nepal” ou “Raving Alone”, le duo KAS:ST sort aujourd’hui l’album A Magic World.

Chronique issue du Tsugi 136 : l’avis de Brian, en kiosque le 16 décembre.

KASSTActifs depuis le milieu des années 2010 notamment via leur label Flyance, les Français de KAS:ST n’en sont plus à leur première mutation. On les avait initialement repérés en tant que producteurs d’une deep house léchée et respectueuse du genre sous le nom Ka One & St-Sene. En 2016, ils raccourcissent leur nom et prennent un virage techno assumé, parfois deep, parfois plus mental, collant aux attentes d’un public qui fait alors les belles heures de feu Concrete – ils ont d’ailleurs signé un maxi sur le label du club parisien. Une techno qu’ils vont durcir, en mode warehouse et acid et qui atteint son apogée avec la publication du clip de « Hell On Earth » – 3,5 millions de vues, un exploit. Volonté de ne jamais se répéter ou opportunisme conjoncturel ? Depuis l’année dernière et la série Road To Nowhere, ils se sont en tout cas éloignés de la techno formelle, s’essayant ici à la drum’n’bass, là à l’ambient.

 

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A Magic World, leur premier véritable long format qui sort sur Afterlife, le label de Tale Of Us, continue de brouiller les pistes, annoncé comme un disque aux influences « dark, électro, rap, pop et classique ». Ils omettent d’en citer une autre qui saute pourtant aux oreilles : la trance allemande des années 90. On en retrouve les rythmiques et les basslines caractéristiques sur les morceaux « A Magic World », « Our Last Dance » et « 75Zoo » – ce dernier évoquant même directement la psytrance. Utilisant des sons beaucoup plus organiques – cordes, piano – et lumineux que par le passé, adoptant le format chanson – que ce soit par l’utilisation de vocaux ou par la durée des morceaux eux-mêmes –, l’électro-pop est l’autre grande gagnante de cet album. C’est parfois une réussite comme avec « Mirrors », qui rappelle certaines œuvres de Moderat ou la ballade plus dépouillée « Letters », mais cette cohabitation entre trance et pop risque de dérouter les fans du KAS:ST période techno.

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